05/11/2012

Interview du 4ème nominé du Public

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Dès son plus jeune âge, Blaise Bang a toujours eu le désir de faire de la peinture. Né et ayant vécu toute son enfance au Cameroun, il n’y avait malheureusement ni de cours de cette matière, ni d’écoles d’art. C’est pour cette majeure raison, que Blaise Bang a suivi des études de constructions mécaniques où le dessin industriel est la base de tout.

Par la suite, il a découvert la peinture par les impressionnistes lors d’une exposition au Cameroun. C’est d’ailleurs grâce à cette découverte que le jeune homme qu’il était, s’est mis à la peinture en autodidacte.

Ainsi, après de nombreux introductions et projets, il s’est retrouvé à l’école supérieure des arts décoratifs de Strasbourg dans laquelle, il a suivi des cours pour perfectionner son style avant de passer quelques années à faire des interventions dans des collèges et ce jusqu’à qu’il vienne s’établir dans le Sud, à Agde.

C’est donc en suivant cette technique qu’est la sienne que Blaise Bang, nous a permis de découvrir ses œuvres de la série : « Beauté & Handicap ».

C’est l’œuvre I « Beauté & Handicap I, la Roulante » qui vous a beaucoup marqué et qui a décrochée la 4ème place du Public. Une surprise pour cet artiste qui après l’annonce des résultats, a bien souhaité répondre à nos questions.


Question : «  Que ressentez-vous vis-à-vis du prix que vous venez de recevoir ? »

« Et bien ça fait plaisir, bien entendu. C’était une envie de ma part puisque je suis engagé dans plusieurs associations, mais c’est vrai que ces dernières ne sont pas des associations telles que l’APF. C’est donc un ami qui m’a mis au courant de ce projet « Beauté & Handicap ». Intéressé par ce projet, j’ai donc cherché des informations sur internet et c’est ainsi que je suis tombé sur le blog. Puis d’avoir pu apporter ma contribution dans des projets comme celui-ci, c’est un vrai plaisir. »

 

Question : «  Le thème : « Beauté & Handicap » vous a inspiré ? »

« Oui, bien entendu que ça m’a inspiré. Pour le thème proposé… je dois dire que mes œuvres, je les ai faites assez spontanément. Puis j’avais déjà réalisé un tableau que j’ai seulement eu à transformer pour épouser le thème. Bien sûr, il n’est pas évident de réaliser une série de créations sur un thème comme celui-ci, mais cela devient une sorte d’exercice en soit… surtout face à des projets comme celui-ci. Alors oui, dans un sens, ça peut permettre de continuer à réaliser d’autres œuvres tournant autour du sujet. »

 

Question : «  Dites-nous, comment avez-vous procédé pour réaliser votre tableau ? »

« En fait, ma démarche est d’utiliser plusieurs textures, matières car ça m’incite à m’inspirer du quotidien, des faits de tous les jours, des informations des actualités. Donc pour essayer de les traduire en visuel à travers mon tableau, j’utilise tous les matériaux, accessoires, en général tout ce qui peut m’aider à apporter une réponse au sujet que j’ai envie de traiter. Donc mon travail tourne autour de l’environnement ou des sujets que j’ai pour désir de travailler. Pour faire simple, après une période d’observation et d’analyse des matières, j’essaye de trouver leurs places dans la construction, ou de les changer. Cela consiste donc à superposer, enlever, ajouter jusqu’à que l’objet réponde à l’idée que je veux. »

 

Question : «  D’ailleurs dites-nous, quel peintre vous inspire ? »

« J’ai des inspirations très africaines de par mes origines, et mon passage aux arts décoratifs de Strasbourg m’a permis de découvrir des artistes que je ne connaissais pas, puisqu’au Cameroun, on n’a pas la possibilité de voir des expositions d’art contemporain. On va donc parler de Robert Rauschenberg, un plasticien américain et Jean Michel Basquiat en ce qui concerne les graffitis. »

 

Question : «  Est-ce que cette aventure vous a permis d’aborder la situation du Handicap autrement ? »

« Aborder la situation du handicap autrement… disons, que ma vision de cette situation va être plus liée à ma culture plutôt que celle que je trouve ici. En effet au Cameroun, les personnes en situation de handicap font partis de la société, ce ne sont pas des gens que l’on va cacher, isoler pour qu’on ne voit pas leur handicap. Alors qu’ici, il faut être dans un cadre précis pour les voir… alors j’ai l’impression, que l’on ne montre pas trop le handicap… De ce fait, de par ma culture, j’ai un regard différent sur eux. C’est donc assez surprenant de voir qu’on met une personne de côté car elle ne répond pas à la norme et de ne pas être une partie prenante de la société. Après tout, on est comme on est. »

La directrice de la délégation, ainsi que les membres du jury tiennent à exprimer leurs félicitations et encouragements à Blaise Bang.

Nous aurons l’occasion de le faire officiellement lors de l’exposition des professionnels en décembre.

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